Campagnols en Occitanie
Arvicola scherman
Le campagnol terrestre (*Arvicola scherman*), aussi appelé "rat taupier" en raison de sa ressemblance superficielle avec la taupe, est un rongeur herbivore fouisseur de 12 à 22 cm (queue comprise) pesant 80 à 180 g. C'est un fléau agricole majeur dans les zones d'élevage et les prairies d'Occitanie, notamment dans l'Aveyron (Aubrac, Ségala, Lévézou), le Tarn (Montagne Noire, Sidobre), les Hautes-Pyrénées et le Lot.
Contrairement à la taupe (insectivore), le campagnol terrestre est strictement herbivore : il se nourrit exclusivement de racines, de bulbes, de tubercules et de collets de plantes, causant des dégâts directs aux cultures. Lors des pics de pullulation, phénomène cyclique bien documenté par la FREDON Occitanie avec des cycles de 5 à 7 ans, les densités peuvent dépasser 1 000 individus par hectare, détruisant jusqu'à 80 % du couvert végétal des prairies. Les pertes économiques sont considérables : la Chambre d'agriculture de l'Aveyron estime le coût des dégâts à 150 à 300 € par hectare en phase de pullulation, pouvant atteindre 3 à 5 millions d'euros à l'échelle du département lors des pics majeurs. Les arrêtés préfectoraux de lutte obligatoire sont régulièrement pris en Occitanie pour coordonner les campagnes de régulation avec la FREDON, le plus récent dans l'Aveyron datant de 2023. Le campagnol des champs (*Microtus arvalis*), plus petit (9 à 12 cm), est également présent en Occitanie dans les grandes cultures céréalières de la plaine lauragaise et du Gers, avec des cycles de pullulation similaires.
Comment reconnaître la présence de campagnols ?
Les signes ci-dessous permettent un premier diagnostic. En cas de doute, notre outil d'identification vous guide en 4 questions.
Monticules aplatis
Tumulus de terre plus plats et allongés que les taupinières, avec herbe mêlée à la terre, galerie latérale
Herbe qui jaunit
Zones de prairie qui jaunissent en plaques (racines sectionnées à 10-20 cm de profondeur par le campagnol)
Galeries peu profondes
Réseau de galeries à 10-30 cm de profondeur, sol spongieux au passage, racines rongées visibles à l'ouverture
Arbres fruitiers dépérissants
Jeunes arbres qui penchent ou meurent (écorçage souterrain des racines et du collet par le campagnol)
Biologie et comportement
Le campagnol terrestre (*Arvicola scherman*) est un rongeur de la famille des Cricetidae, sous-famille des Arvicolinae. Son corps est trapu, avec un pelage brun foncé dessus et gris-brun dessous, une queue relativement courte (environ un tiers de la longueur du corps, contre la moitié chez le rat), des oreilles petites et arrondies à peine visibles dans le pelage, et de grands yeux noirs.
Ses incisives à croissance continue sont orange (comme le ragondin). Il vit dans un réseau de galeries souterraines à 10-30 cm de profondeur, qu'il creuse avec ses incisives et ses pattes avant, repoussant la terre à la surface pour former des tumulus aplatis et allongés, différents des taupinières coniques de la taupe. Les galeries du campagnol terrestre se distinguent de celles de la taupe par la présence de racines rongées et de restes végétaux.
Son régime alimentaire est strictement herbivore : racines de graminées (80 % du régime en prairie), racines de légumineuses (trèfle, luzerne), pissenlits, bulbes, tubercules et écorces de racines d'arbres fruitiers. Un campagnol consomme quotidiennement l'équivalent de son poids en végétaux (80 à 180 g). La reproduction est influencée par la densité de population et la disponibilité alimentaire.
En conditions optimales, la femelle atteint la maturité sexuelle à 2 mois et produit 3 à 6 portées par an, avec une gestation de 21 jours et des portées de 2 à 8 petits (moyenne 4-5). Le sevrage intervient à 2 semaines. La durée de vie est de 12 à 18 mois.
Les cycles de pullulation, documentés par la FREDON Occitanie depuis les années 1990, suivent un schéma prévisible : phase de croissance (2-3 ans), pic de densité (1-2 ans, avec plus de 500 à 1 000 campagnols/ha), puis effondrement brutal (mortalité de 90 à 95 % en quelques mois) dû aux maladies, à la prédation accrue et à l'épuisement des ressources alimentaires. En Occitanie, les derniers pics de pullulation majeurs dans l'Aveyron ont été enregistrés en 2014-2015 et 2021-2022. Le prochain pic est estimé vers 2027-2028 selon les projections de la FREDON.
Cas concret — Occitanie
En 2022, un éleveur bovin de Laguiole (Aveyron, Aubrac) a signalé à la FREDON Occitanie des dégâts massifs sur 25 hectares de prairies naturelles. L'indice de présence mesuré sur 20 placettes de 100 m² révélait 85 % de placettes positives, soit une densité estimée à 800-1 000 campagnols par hectare. La production de foin était réduite de 60 % par rapport à une année normale, et 3 hectares de prairie étaient totalement détruits (couvert végétal inférieur à 20 %). Une campagne de piégeage intensif a été organisée avec 50 pièges Topcat déployés sur les galeries actives, relevés toutes les 48 h pendant 4 semaines. Résultat : 187 campagnols capturés, réduction de l'indice de présence à 35 %. En parallèle, 8 perchoirs à rapaces ont été installés. Le coût de l'opération : 1 200 € (pièges) + 240 € (perchoirs), subventionné à 60 % par la FREDON. La prairie a été ressemée en automne 2022 avec un mélange diversifié (ray-grass, fétuque, trèfle blanc).
Vous reconnaissez ces signes ?
Diagnostic gratuitPourquoi agir rapidement ?
Les campagnols représentent des risques concrets et documentés. Voici ce que vous devez savoir.
Risques sanitaires
Les dégâts du campagnol terrestre se concentrent sur trois secteurs. En prairies d'élevage (Aubrac, Ségala, Lévézou, Hautes-Pyrénées), la destruction des racines de graminées provoque le jaunissement puis la mort du couvert végétal sur des surfaces pouvant atteindre 80 % de la parcelle en phase de pullulation. Les tumulus de terre contaminent le fourrage lors de la fauche, introduisant de la terre dans les ensilages (risque de listériose et de botulisme pour le bétail).
Dégâts matériels
La Chambre d'agriculture de l'Aveyron estime les pertes à 150 à 300 € par hectare et par an en phase ascendante, et jusqu'à 500 à 800 € par hectare en pic de pullulation. À l'échelle du département, les dégâts cumulés atteignent 3 à 5 millions d'euros lors des pics majeurs. En arboriculture, le campagnol terrestre s'attaque aux racines et à l'écorce souterraine des jeunes arbres fruitiers (pommiers, pruniers, cerisiers), provoquant leur dépérissement et leur mort.
Impact économique
Un verger de jeunes pommiers (3 à 5 ans) peut perdre 20 à 40 % de ses arbres en une seule saison de pullulation. En jardins et potagers, les campagnols dévorent les racines de carottes, betteraves, pommes de terre, poireaux et les bulbes de fleurs (tulipes, crocus). Sur le plan écologique, les pullulations de campagnols ont un effet cascade sur l'écosystème : explosion des populations de prédateurs (buses variables, renards, hermines) suivie d'un effondrement quand les campagnols disparaissent, avec report de prédation sur d'autres espèces.
Statut légal et réglementation
Le campagnol terrestre (*Arvicola scherman*) est classé espèce susceptible d'occasionner des dégâts (ESOD) dans certains départements d'Occitanie, notamment l'Aveyron, le Tarn et les Hautes-Pyrénées, par arrêté préfectoral triennal (arrêté du 3 août 2023 au niveau national, décliné par département).
La lutte est encadrée par les arrêtés préfectoraux de lutte obligatoire, pris en application de l'article L.
251-8 du Code rural, qui imposent aux exploitants agricoles de mettre en œuvre des mesures de régulation dès que les densités dépassent un seuil défini (généralement 50 % de parcelles positives à l'indice de présence).
La FREDON Occitanie coordonne les campagnes de lutte collective : surveillance des densités par indices de présence (comptage des tumulus frais sur des placettes de 100 m²), alerte précoce et organisation des campagnes de piégeage et de traitement.
L'utilisation de la bromadiolone (rodenticide anticoagulant) contre les campagnols est strictement encadrée par l'arrêté du 14 mai 2014, avec des conditions d'emploi restrictives : utilisation uniquement en phase de basse densité (prévention), dépôt dans les galeries profondes, interdiction en période de gel et en zone humide.
Le piégeage mécanique (pièges à guillotine de type "Topcat" ou "Supercat") est la méthode recommandée par la FREDON à tous les stades de densité.
Solutions professionnelles
Notre protocole en 5 étapes, adapté à chaque situation.
Évaluation de la densité par indice de présence FREDON (comptage tumulus frais sur placettes de 100 m²)
Piégeage mécanique intensif (pièges à guillotine Topcat ou Supercat dans les galeries actives)
Coordination avec la FREDON Occitanie si pullulation déclarée (arrêté préfectoral de lutte obligatoire)
Installation de perchoirs à rapaces et mesures de lutte biologique complémentaires
Suivi des densités tous les 3 mois et ajustement du protocole de lutte
Comparatif des méthodes
Efficacité, coût et durée pour vous aider à choisir.
| Méthode | Efficacité | Coût | Durée | Recommandé pour |
|---|---|---|---|---|
| Piégeage mécanique (pièges à guillotine Topcat, Supercat) | Élevée en basse et moyenne densité — 50 à 80 % de captures sur les galeries actives | 25 à 45 € par piège (réutilisable), 1 piège pour 100 à 200 m² | Capture sous 24 à 48 h par piège, campagne de 1 à 4 semaines | Méthode de référence recommandée par la FREDON Occitanie à tous les stades |
| Traitement à la bromadiolone (appâts rodenticides dans les galeries) | Élevée mais non sélective — risque d'empoisonnement secondaire des rapaces et mammifères prédateurs | 15 à 30 € par hectare | Effet en 5 à 10 jours | Uniquement en phase de basse densité, sous conditions strictes (arrêté du 14 mai 2014), jamais en haute densité |
| Lutte intégrée collective FREDON (piégeage + perchoirs + surveillance) | Très élevée à l'échelle du territoire — réduit l'amplitude des pics de pullulation | Variable, cofinancement FREDON/Chambre d'agriculture/Région | Programme pluriannuel avec surveillance continue | Approche recommandée par la DREAL et la FREDON Occitanie pour les zones de grandes prairies |
| Lutte biologique (perchoirs à rapaces, maintien des prédateurs) | Moyenne — ne suffit pas à empêcher les pullulations mais réduit leur amplitude de 20 à 40 % | 15 à 30 € par perchoir (fabrication artisanale) | Effet continu, installation permanente | En complément du piégeage, particulièrement efficace dans les paysages bocagers |
Piégeage mécanique (pièges à guillotine Topcat, Supercat)
- Efficacité
- Élevée en basse et moyenne densité — 50 à 80 % de captures sur les galeries actives
- Coût
- 25 à 45 € par piège (réutilisable), 1 piège pour 100 à 200 m²
- Durée
- Capture sous 24 à 48 h par piège, campagne de 1 à 4 semaines
- Recommandé
- Méthode de référence recommandée par la FREDON Occitanie à tous les stades
Traitement à la bromadiolone (appâts rodenticides dans les galeries)
- Efficacité
- Élevée mais non sélective — risque d'empoisonnement secondaire des rapaces et mammifères prédateurs
- Coût
- 15 à 30 € par hectare
- Durée
- Effet en 5 à 10 jours
- Recommandé
- Uniquement en phase de basse densité, sous conditions strictes (arrêté du 14 mai 2014), jamais en haute densité
Lutte intégrée collective FREDON (piégeage + perchoirs + surveillance)
- Efficacité
- Très élevée à l'échelle du territoire — réduit l'amplitude des pics de pullulation
- Coût
- Variable, cofinancement FREDON/Chambre d'agriculture/Région
- Durée
- Programme pluriannuel avec surveillance continue
- Recommandé
- Approche recommandée par la DREAL et la FREDON Occitanie pour les zones de grandes prairies
Lutte biologique (perchoirs à rapaces, maintien des prédateurs)
- Efficacité
- Moyenne — ne suffit pas à empêcher les pullulations mais réduit leur amplitude de 20 à 40 %
- Coût
- 15 à 30 € par perchoir (fabrication artisanale)
- Durée
- Effet continu, installation permanente
- Recommandé
- En complément du piégeage, particulièrement efficace dans les paysages bocagers
Intervention conforme aux arrêtés préfectoraux de lutte obligatoire — suivi FREDON Occitanie
Comment prévenir l'apparition de campagnols ?
7 gestes concrets pour réduire le risque d'infestation.
Surveiller les densités de campagnols par l'indice de présence FREDON : comptage des tumulus frais sur des placettes de 100 m², 3 fois par an (mars, juillet, octobre)
Intervenir dès la phase de basse densité (moins de 30 % de placettes positives) par piégeage intensif, avant la phase exponentielle de multiplication
Installer des perchoirs à rapaces (piquets de 3 à 4 m de haut avec traverse en T) à raison de 2 à 3 par hectare pour favoriser la prédation par les buses et les faucons crécerelle
Diversifier les prairies avec des espèces moins appétentes (fétuque élevée, dactyle) qui sont moins consommées par les campagnols
Maintenir des haies et lisières bocagères qui hébergent les prédateurs terrestres (hermine, belette, renard)
Éviter le surpâturage qui favorise le campagnol en maintenant un couvert ras
En arboriculture, protéger le pied des jeunes arbres avec des manchons grillagés enterrés à 30 cm de profondeur
Questions fréquentes sur les campagnols
Comment reconnaître les dégâts de campagnols ?
Comment différencier une taupinière d'un tumulus de campagnol ?
Le campagnol terrestre est-il le même animal que le rat taupier ?
Les campagnols sont-ils protégés ?
Quand a lieu la prochaine pullulation de campagnols en Aveyron ?
Comment protéger les arbres fruitiers des campagnols ?
Qui contacter en cas de pullulation de campagnols en Occitanie ?
Besoin d'une intervention contre les campagnols ?
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